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Le MOCA Cleveland présente une exposition dans laquelle figurent les travaux de 30 artistes internationaux autour du tapis.

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Visite de l'artiste-photographe André Morin

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Karen Kilimnik, the summer house of Apollo in the French countryside outside of Paris, 2016


Karen Kilimnik

Le Consortium & le Cercle Spiridion presents a solo exhibition at Château de la Malmaison, Rueil-Malmaison

Preview: Thursday October 20, 6 pm October 22 - 30, 2016

www.chateau-malmaison.fr



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Le cercle Spiridion



Karen Kilimnik Exculta The paintings of Karen Kilimnik question chronology and disrupt time. She thwarts any artistic scenery. Quatremere de Quincy ( Essay on nature, the means and ends of imitation in the Fine Arts, 1823) pointed out that every Art has its own sense of time, which could also be said today about each artwork, achievement and perhaps about many people too. In Karen Kilimnik's work, this essential relationship to time is particularly elusive, at once present and always fleeing. Karen Kilimnik engages the past with sophistication- "Exculta" as would have said the Romans, meaning it is erudite, weaved with plenty of reminiscences which do not refer to anything anymore, but that we insist on doing the chronology, in spite of the great display of visible references such as dwellings, landscapes, portraits, the prince and ethereal queen, aerial combat and naval warfare… For us today, it is probably what Nietzsche used to call " The Great Style" which could care less to convince or to please, a moderation which does not require extreme acts of faith and which stands on its own. There is nothing grandiose or extraordinary in this, definitely nothing tragic about it, but to the contrary there is an economy and a restraint. It is what flows in between the recesses of art and its history -always unachieved- in relation to its infinite promise. A high wooden palisade surrounds the ground floor of the Chateau de Malmaison. A scaffold crimps its right wing. It becomes a stage to spruce up and transform the chateau's familiar outline. Though a tourist could frown upon it, its appearance is embraced by the artist. In her studio Karen Kilimnik lifted the building's rear facade image from a historical book and enhanced it with her smooth water soluble oil colors: the result is now titled "The summer house of Apollon in the French countryside outside Paris, 2016". Karen Kilimnik engages both appropriation and bestowal with elegance. This takes place in the timing of the act and the fluidity of the touch. Consequently yesterday's motif is now reclaimed in today's painting, at once imbued with insouciance and an unfathomed intimate depth which is hers precisely when her reverie crystallizes. Hence the Malmaison becomes at once something other and yet remains always the same. Rueil-Malmaison, september 2016.


 

Karen Kilimnik Exculta

Karen Kilimnik exculta.

Les tableaux de Karen Kilimnik troublent la chronologie, affolent le temps. Karen Kilimnik déroute toute scène artistique. Quatremère de Quincy (Essai sur la nature, le but et les moyens de l’imitation dans les beaux-arts, 1823) précisait que chaque Art avait son propre temps, ce que nous pourrions dire aujourd’hui de chaque œuvre, réalisation, évènement et peut-être de beaucoup de personnes. Cet essentiel rapport au temps chez Karen Kilimnik est particulièrement insaisissable – immédiatement présent et toujours fuyant. Ne le voudrions-nous pas, l’appropriation du passé est d’abord sa désappropriation. Celle qu’effectue Karen Kilimnik est raffinée — exculta disent les Latins — érudite, tissée de réminiscences multiples qui ne renvoient plus à rien et dont nous peinons, malgré le merveilleux déploiement des références visibles (demeures, paysages, portraits, prince charmant et reine éthérée, combat aérien et naval...), à fixer la chronologie.

C’est sans doute pour nous, aujourd’hui, ce que Nietzsche appelait: Le Grand Style, ce qui se moque de convaincre et de plaire, une modération qui n’a pas besoin d’articles de foi extrêmes et qui repose sans témoin autour de soi, hors tout. Il n’y a là rien de grandiose, ni de monumental, absolument rien de tragique, mais bien au contraire, à l’encontre de ces travers courants, un projet de réserve et de belle tenue à la limite de la disparition, au plus loin du performatif ; ce qui circule dans les interstices de l’Art — et de son histoire (toujours inaccomplie) — par rapport à sa promesse infinie.

Une haute palissade de bois entoure le rez-de-chaussée du château de Malmaison, un échafaudage sertit son aile droite. Un nouveau chantier d’embellissement transforme pour un long moment sa silhouette familière. Si le touriste fait la moue, l’occurrence ne saurait être désagréable à l’artiste. Dans l’atelier de Philadelphie, avec ses onctueuses huiles Williamsburg miscibles à l’eau, elle a sublimé sa façade arrière d’après une modeste reproduction ; le motif se nomme à présent The summer house of Apollon in the French countryside outside Paris, 2016. Appropriation et désappropriation — auxquelles se livre avec élégance Karen Kilimnik — trouvent place dans la temporalité de l’action, la fluidité de la touche. Peindre maintenant conceptualise le motif né hier en motif nouveau-né d’aujourd’hui, à la fois empreint d’insouciance et de cette profondeur intime, à peine visitée, qui est la sienne à l’instant, précisément, où sa rêverie se concrétise. Ainsi, La Malmaison n’est plus La Malmaison, mais une autre, et pourtant toujours La Malmaison.

Rueil-Malmaison, septembre 2016.